RTL Belgique, 9/8/2006:

Manifestation antinucléaire à Kleine Brogel

Environ 150 activistes de mouvements contre les armes nucléaires ont bloqué pacifiquement les trois entrées de la base aérienne de l'OTAN à Kleine Brogel près de Peer, jusqu'à 13h, dans le cadre du 61ème anniversaire du bombardement de Nagasaki au Japon.

A 11h02 exactement, l'heure à laquelle une bombe nucléaire avait rasé la ville japonaise le 9 août 1945, les pacifistes ont accroché des rubans blancs aux arbres autour de la base et en ont distribués aux militaires présents. L'action symbolique a été organisée par l'ASBL "Voor moeder Aarde", la section flamande de Friends of the Earth International, le sénateur Patrick Vankrunkelsven et le parlementaire Groen! Eloi Glorieux.

Les initiateurs espèrent ainsi pousser le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht à appliquer les résolutions adoptées l'année passée à la Chambre et au Sénat et qui demandent le retrait graduel des armes nucléaires américaines du territoire européen.

Voir: Bombspotting

 


Libération, mardi 07 décembre 2004:

480 bombes nucléaires américaines en Europe

Elles sont réparties dans six pays de l'Otan.
L'armée américaine dispose d'un stock de près d'un demi-millier de bombes atomiques en Europe. Ce chiffre vient d'être révélé par le Bulletin of the Atomic Scientists (1), une publication américaine indépendante qui s'appuie sur des documents officiels récemment déclassifiés. «Ces révélations font voler en éclats le mythe de la réduction de l'arsenal des Etats-Unis en Europe, réagit Jean-Marie Colin, de l'Observatoire des armes nucléaires. Les chiffres avancés depuis le milieu des années 90 ont toujours été de l'ordre de 150 armes, soit trois fois moins !»

Depuis 1954. Le Bulletin of the Atomic Scientists estime le nombre de ces bombes à 480. Il s'agit d'armes nucléaires tactiques de type B61-3, -4, -10, d'une puissance qui peut varier de 0,3 à 350 kilotonnes. Conçus pour être lancés par des avions, ces engins sont répartis sur huit bases situées dans six pays : l'Allemagne (Büchel et Ramstein), la Belgique (Kleine Brogel), l'Italie (Aviano et Ghedi Torre), les Pays-Bas (Volkel), le Royaume-Uni (Lakenheath) et la Turquie (Incirlik). Ils pourraient être utilisés par l'US Air Force, mais également par les armées de l'air allemande, belge, italienne et hollandaise, sous un étroit contrôle des Américains. Avec 480 armes en Europe, les Etats-Unis sont ainsi la première puissance nucléaire du continent, devant la France (348 ogives) et la Grande-Bretagne (185).

C'est en 1954 que les Etats-Unis ont déployé leurs premières armes nucléaires en Europe, d'abord en Angleterre, puis dans sept autres pays. En 1966, la France s'est retirée de l'Otan et les Américains ont quitté le territoire français avec leurs bombes. En 1971, l'arsenal américain a atteint son niveau maximum, avec 7 300 armes nucléaires. Ce chiffre a baissé régulièrement jusqu'en 1994. A partir de cette date, les administrations Clinton et Bush ont maintenu le même stock, même si la Grèce a été «dénucléarisée» en 2001.

Russie ménagée. Si besoin, l'armée américaine pourrait renforcer son arsenal, puisqu'elle dispose d'une capacité de stockage de 860 bombes sur les treize bases où sont implantées les chambres fortes WS3 (weapon storage and security system). Pour ménager la Russie, aucun dépôt n'a été installé dans les anciens pays du bloc de l'Est qui sont aujourd'hui membres de l'Otan.

Jean-Dominique MERCHET

 

-----> Palomares (1966, Espagne): 4,5 kg de plutonium dispersés sur 250 hectares lors de l'accident d'un bombardier nucléaire B-52 de l'US Air Force (sachant, qu' 1/1 000 000 ème de gr de plutonium inhalé suffit à provoquer un cancer)

-----> Une action de Bombe-spotting au quartier général de l'OTAN (voir: Bomspotting)