Le 18 juin 2000, le Pr. Youri Bandazhevsky, ex-recteur
de lInstitut de médecine de Gomel (Bélarus),
accusé de corruption, a été condamné
par le tribunal militaire de Gomel à huit ans de
prison à régime sévère. Aucun des
faits reprochés na été prouvé
: Amnesty International considère Youri Bandazhevsky
comme un prisonnier de conscience emprisonné pour avoir
exercé son droit à la liberté dexpression
et appelle à sa libération immédiate et inconditionnelle.
La liberté dexpression exercée par Y. Bandazhevsky
concerne ses travaux scientifiques qui mettent en évidence
limpact nocif sur la santé des habitants vivant dans
des zones contaminées par les radionucléides rejetés
suite à lexplosion du réacteur nucléaire
de la centrale de Tchernobyl. Impact nocif particulièrement
net chez les enfants.
Le gouvernement du Bélarus demande une aide internationale
pour tenter de remédier aux conséquences de Tchernobyl
alors quil emprisonne un scientifique qui apporte des précisions
importantes sur les pathologies subies par la population qui rendent
cette aide nécessaire. Ceci est incohérent.
Situation sanitaire dégradée depuis Tchernobyl
La situation sanitaire est mauvaise au Bélarus et cela
est bien visible : depuis 1985 la natalité a chuté
de près de la moitié, elle était en 1985
de 17,5- et est aujourdhui de 9,1 alors que
la mortalité a augmenté de 9,2 à 13,5.
Elle dépasse la natalité depuis 1993 dans des proportions
qui mettent en péril lexistence même du pays.
Plus de 2 millions dhabitants dont 500 000 enfants
vivent dans des zones contaminées à plus de 1 Ci/km2.
Il y a encore des zones contaminées à plus de 15
Ci/km2 et dont les habitants nont pas pu être
évacués.
Les experts internationaux comme ceux de lUNSCEAR (1) ne
veulent pas admettre les conséquences de Tchernobyl sur
la santé. Ils ont mis plus de cinq ans à accepter,
du bout des lèvres, que lépidémie de
cancers de la thyroïde chez les enfants était bien
due aux iodes radioactifs émis par Tchernobyl, mais sinon
rien dautre, à part des effets " psychologiques ".
La seule aide internationale va-t-elle être denvoyer
psychiatres et divans au Bélarus ?
Les experts internationaux nadmettent pas laugmentation
des malformations congénitales pourtant bien documentée
par Lajzuk (2) et dont lincidence augmente avec le
niveau de contamination du sol. Parmi ces malformations
on observe une montée des malformations cardiaques. Daprès
le Pr. Tchitchko (3) en 1999 près de 6000 enfants souffrant
de cardiopathies congénitales attendaient un traitement
chirurgical en Bélarus. Dans la région de Gomel
parmi 1714 enfants souffrant de cardiopathies congénitales
et examinés en 1999, 95 étaient nouveaux nés
et 39 sont morts dans lannée. Dans la région
de Moguilev, parmi 1169 enfants examinés en 1999, 76 nouveaux
nés et 43 sont morts dans lannée.
Il nous faut insister sur le fait que lincidence la
plus faible des malformations et cardiopathies congénitales
est enregistrée dans la région " propre "
de Vitebsk, comme cela a aussi été le cas
pour lincidence des cancers de la thyroïde chez les
enfants, or la région de Vitebsk au nord du Bélarus
a été la plus épargnée par les retombées
de Tchernobyl. Quil y ait des cofacteurs autres que les
radionucléides cest probable, mais ces deux séries
distinctes dobservations ne sont pas dues au hasard. Nest-ce
pas suffisant pour montrer linfluence néfaste des
radionucléides alors que le sol contaminé produit
de la nourriture contaminée responsable de lirradiation
chronique interne des habitants ?
Des mutations minisatellites de novo chez les enfants nés
de parents vivant en zones contaminées sont observées,
plus nombreuses quand le niveau de contamination est plus élevé
et sont la marque quil y a bien une action au niveau des
gènes dont on ignore quel peut être limpact
sanitaire dans le futur (6). Ce nest pas lié aux
radiations disent les experts.
Ils nadmettent pas laugmentation de morbidité
chez les enfants, quil sagisse danémies,
de troubles du système cardio-vasculaire, des systèmes
musculo-squelettique, génito-urinaire, dasthme, de
troubles mentaux, de retard de puberté, de diabète
comme la indiqué le Pr. Tchitchko (3).
Quest-ce quune " preuve "
pour les experts ?
Ce qui importe à ces experts cest davoir
une relation entre les effets observés et la dose dirradiation
reçue et que tout soit compatible avec ce qui était
officiellement reconnu avant Tchernobyl sur les effets des rayonnements
ionisants. Sil ny a pas cette relation, ils nient
leffet. Si la dose reçue calculée daprès
les modèles officiels est trop faible ils nient leffet.
Dans ces modèles bio-cinétiques et dosimétriques
le corps humain est décomposé en divers " compartiments "
constitués dorganes et tissus (poumons, tractus gastro-intestinal,
cur, etc.). Pour chaque radioélément les doses
engagées sont calculées organe par organe ou tissu.
Pour calculer la dose efficace on applique aux doses-organes des
coefficients (dont la somme vaut 1) et on additionne ces doses.
Tous ces modèles ont été initialement établis
par les experts de la Commision Internationale de Protection Radiologique
pour des travailleurs sous rayonnement afin de calculer
les doses engagées suite à lingestion
ou linhalation ponctuelle dun becquerel dun
radioélément donné. Ces modèles
sont obligatoirement réducteurs, basés sur la bio-cinétique
de rétention du radionucléide pour un homme " standard ".
Pour chaque radionucléide il y a des tableaux donnant les
doses à lorgane et la dose efficace qui sont désormais
calculées en fonction de lâge de lindividu
exposé. Tableaux faciles à appliquer : " tel
âge, tant de becquerels, doù on déduit
telle dose ". Ces experts ne se posent plus la question :
comment ont été établis ces modèles,
quelle base expérimentale les a validés alors que
le plus souvent ce ne sont que des modèles mathématiques.
Ils ne se posent pas non plus la question : quelles doses
calculer et comment les calculer dans les conditions spécifiques
et multifactorielles post-Tchernobyl où un cocktail de
radionucléides a été émis dans lenvironnement,
où la reconstruction des doses reçues en 1986 et
après 1986 (et à recevoir la vie durant) est quasiment
impossible par une contamination chronique et non
pas ponctuelle avec synergie possible dautres polluants.
Est-ce que ces calculs ont un sens, sont-ils adaptés à
des ingestions et inhalations chroniques de plusieurs radionucléides
par des enfants, chacun agissant simultanément sur des
organes différents dont les modèles considèrent
a priori quils sont sans interactions entre eux.
Cest là un modèle purement mécaniste
et qui ne peut que nier la complexité du vivant. Ces doses
calculées ne devraient servir que de repères car
on ne sait pas faire mieux.
Les experts ne sont pas infaillibles : ils se sont
trompés pour les cancers de la thyroïde. On est
surpris de voir que déminents collègues de
Youri Bandazhevsky, interrogés par lagence Belta
après sa condamnation aient pu jeter la suspicion sur limportance
des travaux de Bandazhevsky parce que les doses sont trop faibles
pour avoir un effet biologique et que ses travaux ne sont pas
cités dans les rapports de lUNSCEAR, alors quêtre
cité est le " signe du professionnalisme
de leurs auteurs dans le domaine de la radiologie ".
Cest la raison pour laquelle nous allons dabord démontrer
en annexe la faillite des dogmes qui sous-tendent le consensus
international sur les effets des rayonnements. Ces dogmes
proviennent de létude des survivants japonais des
bombes atomiques et ne peuvent pas sappliquer tels quels
à lirradiation chronique à laquelle sont soumis
les habitants du Bélarus. Ce que lon peut attendre
de ces études des survivants cest la recension de
pathologies qui se sont avérées radioinduites. Par
contre la façon dont elles sexpriment au cours du
temps est liée aux conditions spécifiques dirradiation.
Rappelons que lirradiation des survivants a été
essentiellement externe et reçue en un temps très
court, la dose moyenne des survivants qui font partie de la cohorte
du suivi épidémiologique a été estimée
à 0,2 sievert.
Ces études ne peuvent pas permettre de prédire
ce qui se passe au cours du temps par irradiation chronique
interne de plusieurs radionucléides où des pathologies
radioinduites pourraient survenir plus tôt comme pour les
cancers thyroïdiens. On ne peut exclure que la contamination
chronique puisse induire des effets nouveaux.
Le " syndrome dû à lincorporation
de radionucléides à longue période radioactive "
(4).
Un grand nombre dexamens cliniques de première main
ont été effectués, des résultats de
tests immunologiques, hématologiques et biochimiques ont
été analysés par le Pr. Bandazhevsky et ses
collaborateurs de lInstitut de médecine de Gomel
au sein même de la population dune zone très
contaminée par les retombées de Tchernobyl y compris
dans les zones rurales où la consommation de produits locaux
aboutit à une charge corporelle en Césium 137 plus
élevée quen ville pour des classes dâge
comparables denfants (le lait est plus contaminé,
lalimentation comporte largement poisson, baies des forêts,
gibier, champignons accumulateurs de Cs 137). Cest létat
sanitaire de milliers dadultes et denfants qui a été
lobjet dune investigation rigoureuse.
Pourquoi cet acharnement contre Bandazhevsky ? Nest-ce
pas parce que dans cet écheveau compliqué de lensemble
des causes responsables des pathologies, quelles impliquent
ou non les radiations, il a réussi à tirer un fil
conducteur, à savoir la charge corporelle en
Cs137 des personnes examinées doù
leur concentration moyenne corporelle en Cs137 ? La
charge corporelle est déterminée à partir
dun examen anthropogammamétrique donnant lintensité
de la raie démission du Cs137 ce qui est une mesure
physique directe et incontestable.
Cest ainsi quà partir de données cliniques,
de tests de laboratoire, à partir dautopsies adultes
et enfants- et dexpérimentations animales, le Pr.
Bandazhevsky trouve que lincorporation chronique de radionucléides
à longue durée de vie comme le césium 137
joue un rôle moteur dans les processus pathologiques. Le
Cs137 incorporé est pathogène, il conduit à
une détérioration des structures des membranes cellulaires
et aux dysfonctionnements de leurs processus métaboliques,
à des altérations morphologiques et fonctionnelles
interdépendantes entraînant des troubles de tous
les systèmes et organes vitaux (cur, foie, reins,
glandes endocrines). La gravité des désordres
créés augmente avec la concentration en Cs137 dans
les organes qui sont atteints simultanément et dune
façon chronique par ce radiotoxique dont la répartition
nest pas homogène entre les différents organes
du corps comme le montrent les mesures faites lors dautopsies.
Toutes ces altérations découlent dun processus
pathologique spécifique que Youri Bandazhevsky a appelé
" syndrome de lincorporation des radionucléides
à longue période ", qui, par altération
de lintégrité de la structure et de la fonction
dorganes et des systèmes endocrinien et immunitaire
peut entraîner des maladies nouvelles pour le sujet ou aggraver
les maladies préexistantes. Cest aussi laccumulation
de Cs137 dans le placenta qui modifie la production des hormones
et est à lorigine des pathologies survenant au cours
de la grossesse et après laccouchement.
En annexe nous donnons en exemple les anomalies cardiologiques
et de la vision chez les enfants dont la gravité
augmente linéairement avec la concentration moyenne de
Césium 137 dans le corps. Même sil
y a dautres cofacteurs ceci prouve leur corrélation
au Cs137. Ces maladies sont bien dues à Tchernobyl.
Ajoutons que certaines de ces pathologies du cur, foie,
etc. ont fini par émerger " avec une précision
statistique " suffisante chez les survivants dHiroshima
et Nagasaki bien longtemps après leur irradiation par le
flash de la bombe et sont donc à considérer comme
des maladies radioinduites (voir en annexe). Pour les habitants
victimes de Tchernobyl, le temps sest " comprimé ",
ces pathologies existent depuis des années déjà
Conclusion : les conséquences de Tchernobyl
vont durer longtemps
Les experts, les autorités sanitaires internationales
ont été très surpris par lirruption
des cancers de la thyroïde des enfants en Bélarus
et aussi en Ukraine et Russie. Désormais de liode
stable est distribué près des centrales françaises.
Mais il ny a pas eu que des iodes radioactifs dans lenvironnement.
On doit considérer les cancers thyroïdiens comme
des bio-indicateurs de la contamination. Le Cs-137 va
durer encore longtemps (son activité sera divisée
par 1000 en lan 2286) tout comme le Sr-90 dont on ne parle
guère. Les émetteurs alpha (comme le plutonium 239,
période 24400 ans) commencent à troubler les scientifiques
par les instabilités génomiques quils induisent,
les dégâts collatéraux qui se manifestent
en dehors de la cellule directement touchée (5). Appliqué
à Tchernobyl ceci veut dire une action plus néfaste
que prévu des particules chaudes de combustible, présentes
certes en moins grand nombre que dans la zone interdite mais tout
de même présentes ailleurs (peut-être au delà
de Vietka le long de lIpout, du Beced, du Soj, car
là où il y a beaucoup de strontium 90 il y a vraisemblablement
aussi du plutonium). Or non seulement des particules chaudes ont
été émises en 1986 lors de lexplosion
du réacteur mais du plutonium 241 a aussi été
émis qui se désintègre avec une période
de 14 ans pour donner de laméricium 241, émetteur
alpha
(Et peut-on exclure a priori dautres effets encore inconnus
pour les rayonnements à faible transfert linéique
délivrés dune façon chronique en synergie
avec des polluants chimiques ?)
Contrairement aux hypothèses initiales des experts, le
césium 137 est toujours dans les couches superficielles
du sol. Les habitants des zones contaminées sont donc soumis
à une irradiation interne chronique par la consommation
daliments de production locale, y compris les baies des
forêts et les champignons, ressources lucratives traditionnelles
au Bélarus. Aucune collectivité aussi importante
na été soumise pendant longtemps et
cela va continuer- à laction conjuguée et
chronique dun cocktail de radionucléides tels que
ceux qui polluent la terre et sont remis en suspension lors des
travaux des champs ou du moindre incendie de forêt comme
la décrit E. Konoplya dès octobre 1990 lors
du séminaire international de Luxembourg sur limpact
sur lenvironnement des rejets des accidents nucléaires
Kychtym, Windscale, Tchernobyl.
Des pathologies affectent la population. Elles sont observées par les médecins locaux mais sont niées par les autorités internationales qui invoquent le " stress " sans critères scientifiques, car aucune étude épidémiologique na été réalisée ni même tentée pour corréler des niveaux de stress mesurés et des niveaux de contamination.
En résumé le problème essentiel, du point de vue de la santé publique, est donc de connaître limpact sanitaire de cette contamination chronique qui conduit à des pathologies visibles en particulier chez les enfants pour pouvoir y remédier au mieux, ce qui nous amène à formuler les conclusions suivantes :
Depuis Claude Bernard et son Introduction à létude de la médecine expérimentale (1865) lactivité scientifique repose essentiellement sur lobservation. Apparemment ce nest pas le point de vue de ceux qui nient la réalité vécue dans les zones contaminées de lex-URSS car pour eux les modèles bio-cinétiques et dosimétriques ne sont pas des modèles, mais des dogmes. On est passé de la médecine expérimentale à la médecine institutionnelle qui nest pas fiable car celle-ci a léchine souple vis-à-vis de toute instance officielle et na que faire de la réalité des faits.
Confronter les interprétations aux résultats expérimentaux, aux données sur le terrain, les discuter, cela est primordial dans lactivité scientifique. Les interprétations avancées par Youri Bandazhevsky ne sont pas orthodoxes et de ce fait ne sont pas admises par ses pairs. Comment peut seffectuer cet indispensable débat didées alors que le principal auteur de la controverse est en prison ? Ceci est inadmissible du point de vue de la science elle-même, de la progression des connaissances dans le domaine scientifique au cours de lhistoire, là où il est montré que même les théories erronées peuvent être source de progrès des connaissances à condition quil ny ait pas une chape de plomb interdisant le débat didées.
Le gouvernement du Bélarus doit faire face à
des problèmes sans précédent. Il a impérativement
besoin de laide internationale. Il est immoral que ses habitants
vivent dans ce contexte de dégradation sanitaire où
la mortalité lemporte sur la natalité dune
façon aussi tragique pour lavenir du pays. Il y a
un problème à résoudre à ce sujet :
les instances internationales nient les problèmes sanitaires
qui se posent au Bélarus, comme le montrent les conclusions
du rapport de lUNSCEAR 2000 et ny trouvent que des
problèmes psychologiques à résoudre. Dès
lors :
- comment espérer avoir laide dorganismes
aveugles à ce qui se passe réellement si on met
en prison les scientifiques qui sont susceptibles de les éclairer ?
- comment espérer avoir laide des ONG qui
pourraient compenser la carence des organismes officiels si les
médecins, les scientifiques du Bélarus nosent
plus dire la vérité de peur de subir des brimades
administratives et, pire, de connaître eux aussi la prison.
Comment espérer laide des ONG si les praticiens sur
le terrain restent silencieux ?
La détention en prison du Pr. Youri Bandazhevsky verrouille toute aide réelle possible à votre pays. Il est urgent de le libérer rapidement afin de permettre un véritable " état des lieux " auquel participeraient tous les praticiens locaux, en particulier les pédiatres, témoins de la situation sanitaire des enfants. Il est urgent de le libérer pour quil continue ses travaux, utiles non seulement aux habitants du Bélarus, mais à nous tous.
Les experts internationaux ne sont pas infaillibles. Lexemple
du cancer de la thyroïde et les dogmes de base.
Le monde médical et scientifique a été
sceptique et les réactions ont été virulentes
lorsque ont été publiés en 1992 les données
sur laugmentation spectaculaire de lincidence des
cancers thyroïdiens chez les enfants du Bélarus (7).
La controverse a été vive : les experts ont
nié la réalité des faits car cette augmentation
ne pouvait pas être due à Tchernobyl :
Il a bien fallu se rendre à lévidence,
ces cancers des enfants de moins de 15 ans étaient dus
aux rejets diodes radioactifs de Tchernobyl (iode 131 et
iodes à vie courte), ils ont été aussi observés
en Ukraine et en Russie mais en moins grand nombre. Désormais
ce sont les adolescents qui sont le plus atteints.
Chez les adultes le nombre de cancers de la thyroïde continue
à augmenter surtout chez les femmes.
Il ny a pas que le cancer, dautres pathologies thyroïdiennes
(thyroïdites, goitres, adénomes) ont été
en augmentation chez les enfants et affectent désormais
les adolescents (8).
Il faut analyser les dogmes qui ont permis laveuglement des experts car ils sont tenaces.
Le dogme de base : la leucémie, seul effet précoce
de lirradiation. Les études sur les survivants japonais
des bombes atomiques.
Le suivi épidémiologique LSS (Life Span Study)
dune cohorte de 120 000 survivants dHiroshima
et Nagasaki na commencé quen 1950, cinq
ans après les explosions daoût 1945 et,
au départ, cette étude de mortalité
par cancer na montré quun accroissement
de mortalité par leucémie. Doù le dogme
que le seul effet précoce dune exposition aux rayonnements
est lapparition de leucémie et rien dautre.
Rappelons quil sagit essentiellement de rayonnement
externe, flash en un temps très court.
Les études de morbidité grâce
au registre AHS (Adult Health Study) ont concerné moins
de personnes au départ (environ 20 000 en 1950,
11 000 en 1985 à cause des migrations). Elles montraient,
mais sans signification statistique, sur un suivi de 1958-1971
(13 à 26 ans après lexposition) que la thyroïde
des enfants et adolescents était plus radiosensible que
celle des adultes (9) avec dautres pathologies que le cancer
et une sensibilité des femmes plus élevée,
la cancérogenèse étant toujours présente
40 ans après lexposition (10).
Ce nest quen 1993 et 1994 que seront
publiées les études dincidence de cancer
et autres pathologies du suivi LSS sur la période
1958-1987 montrant sans ambiguïté une augmentation
de lincidence des cancers thyroïdiens et de pathologies
thyroïdiennes autres que cancéreuses en fonction de
la dose reçue, avec un risque accru chez ceux qui ont été
irradiés avant lâge de 20 ans (11) (12).
Conclusions
1)Dans les deux situations, survivants japonais et victimes
de Tchernobyl, ce sont les individus qui ont été
exposés dans leur jeune âge qui sont les plus touchés.
Tout se passe donc comme sil y avait un décalage
temporel de 20 ans, voire davantage entre les pathologies
affectant les survivants de Hiroshima et Nagasaki et les affections
thyroïdiennes observées chez les habitants du Bélarus
qui ont été exposés au panache radioactif
et vivent dans des zones contaminées par les retombées
de Tchernobyl comme sil y avait compression du temps
de latence dans lexpression des pathologies liées
à Tchernobyl.
2) Contrairement aux affirmations initiales des experts internationaux
la contamination interne par les iodes radioactifs est aussi
efficace que lirradiation externe, non seulement
dans la cancérogénèse mais aussi dans des
pathologies non cancéreuses. La population du Bélarus
qui a été exposée aux iodes radioactifs est
numériquement sans précédent par rapport
aux victimes des retombées des essais nucléaires
des Iles Marshall- et les niveaux dirradiation ont pu être
très élevés. Il ne faut pas oublier que la
contamination en iode 131 du lait a dépassé 1 million
de becquerels par litre au mois de mai 1986 en Biélorussie
méridionale et quelle a duré plus de 3 mois
dans certaines zones (lactivité est divisée
par 1000 au bout de 80 jours).
A propos de quelques pathologies observées au Bélarus
Au Bélarus il ny a pas eu que le rayonnement
externe du panache et des dépôts au sol, ni que les
iodes radioactifs. Les habitants des zones contaminées
sont soumis en permanence aux faibles doses dune irradiation
chronique à la fois externe par les dépôts
au sol mais surtout interne via la nourriture produite
sur des terrains contaminés par différents radionucléides,
essentiellement le Cs137 (sans toutefois oublier le Strontium
90 et les transuraniens). Le problème essentiel, du point
de vue de la santé publique, est donc de connaître
limpact sanitaire de cette contamination chronique.
Comme nous lavons indiqué précédemment,
Bandazhevsky a fait une étude systématique du paramètre
physique quest la charge corporelle en césium 137
en relation avec lensemble des effets observés (cliniques,
biochimiques, structurels et morphologiques) et aussi par expérimentation
animale.
Nous nous bornerons à un bref aperçu.
Anomalies cardiovasculaires et contamination chronique.
Lincorporation de Cs137 est un des facteurs étiologiques
majeurs dans laugmentation de la tension artérielle
observée chez les enfants vivant dans les zones contaminées
à plus de 15 Ci/km2 ce qui montre déjà
que le Cs137 joue un rôle dans le système cardiovasculaire.
Cest une des contributions les plus importantes, me semble-t-il,
du Pr. Bandazhevsky et de son équipe quant aux effets
observés sur la fonction cardiaque qui montre sans ambiguïté
le rôle néfaste du Césium 137 en particulier
chez les enfants et qui permet, dans certains cas, dy porter
remède.
Par la pratique délectrocardiogrammes systématiques
(ECG) et la mesure conjointe de la concentration corporelle
en Césium 137 Bandazhevsky a démontré la
dépendance linéaire des altérations
de la fonction cardiaque et de la concentration corporelle des
enfants en Cs137 (exprimée en Bq
par kg de poids de lenfant, Bq/kg). La gravité
augmente avec cette concentration. Des analyses biochimiques avec
recherche denzymes du sérum sanguin reflétant
lactivité métabolique sont aussi effectuées.
- Plus de 500 enfants ont été examinés (14),
de cinq districts diversement contaminés en Cs 137, de
moins de 1 Ci/km2 (Grodno, Minsk), à 1-5 Ci/km2
(Gomel) à 15-40 Ci/km2 (Vietka, Svietilovitch).
Les enfants sont répartis pour chacun des districts en
5 sous-groupes de concentrations corporelles croissantes de 0-5
Bq/kg ; 11-25,9 ; 26-36,9 ; 37-74 et à plus
de 74 Bq/kg.
En comparant les électrocardiogrammes des enfants en fonction
de la concentration corporelle on constate que plus celle-ci augmente
et plus le nombre dECG normaux diminue, avec apparition
darythmies et de troubles de la conduction cardiaque. En-dessous
de 5 Bq/kg tout est normal. Dans la gamme des 5 Bq/kg, 85% des
ECG sont normaux. Quand la concentration augmente, le nombre dECG
normaux diminue et entre 74 et 100 Bq/kg il ny a plus que
12% denfants avec un électrocardiogramme normal.
- Ceci est très clair à Gomel où les électrocardiogrammes
de 227 jeunes enfants dâge préscolaire (3-7
ans) montrent déjà des anomalies fonctionnelles :
le pourcentage denfants avec anomalies de lECG
augmente linéairement avec la concentration corporelle
de 11 à 74 Bq/kg.
Nous donnons ci-après ces pourcentages en fonction de la
concentration corporelle :
| Conc. Bq/kg |
|
|
|
|
|
| % ECG anormaux |
|
|
|
|
|
Certaines arythmies sont si sévères à
Gomel que des enfants doivent recourir à une stabilisation
médicamenteuse du rythme (autrefois on nobservait
ce genre daltération que chez les adultes, pas chez
les enfants ! ).
- Dans le village de Svietilovitch (contamination surfacique de
15-40 Ci/km2) sur 55 enfants âgés de 7
à 16 ans il ny a que 3 enfants avec un ECG normal.
Des enfants ayant une concentration en Cs137 de 100 Bq/kg ressentent
des douleurs dans la région cardiaque. Murmure systolique
et son sourd sont perçus durant lauscultation.
- Des dysfonctionnements cardiaques sont observées chez
155 bébés (âgés de 14 jours à
14 mois) dans 98,1 % des cas et chez leur mère dans 90,3%
des cas. Mères et bébés sont en résidence
permanente à Gomel où ils sont soignés à
lhôpital clinique des enfants. Seuls 3 bébés
avaient un électrocardiogramme normal.
La prescription dun entérosorbant pendant 5-6 jours
a fait baisser la concentration moyenne en Cs137 de 34,93 (+/-3,30)
Bq/kg à 25,43 (+/-2,54) Bq/kg ce qui est significatif et
en même temps a fait baisser les anomalies (14). Ceci est
très important car cela ne peut que modifier le devenir
de lenfant dans un sens favorable. Cette amélioration
des symptômes quand du césium est éliminé
est une preuve complémentaire du rôle du Cs 137 dans
latteinte cardiaque.
- Les autopsies de 408 enfants et adultes de la région
de Gomel décédés pour raisons diverses montrent
dans 99 % des cas des altérations des myofibres et nécroses
du tissu cardiaque. Le myocarde apparaît comme un des organes
qui concentre le plus de Cs137 qui serait ainsi une des causes
essentielles du décès.
Les modifications structurelles sont analogues à celles
qui sont observées sur les coupes effectuées sur
des animaux de laboratoire nourris avec du grain contaminé
ou auxquels on a fait ingérer une solution contenant du
Cs137.
Tout ceci dresse un bilan assez sombre de la situation (auquel
on doit ajouter les décès de bébés
par cardiopathies congénitales).
Ce bilan nest pas accepté par les experts : pour
une concentration moyenne du corps en Cs137 de 70 Bq/kg la dose
annuelle efficace dun enfant de 10 ans est de 0,2 mSv daprès
les modèles officiels discutés dans la première
partie. Trop faible pour avoir un effet, disent les experts. Mais
les faits sont là, les ECG présentent des anomalies
et des enfants ne vont pas bien.
Altérations de la vision chez lenfant
Lil est très sensibles à laction
du Cs137 comme le révèlent les examens effectués
en 1996 et 1997 chez les enfants des zones très contaminées
de Vietka et Svietilovitch (15-40 Ci/km2). Cataractes
à Vietka : les enfants sont répartis en
3 groupes selon leur concentration corporelle en Cs 137 (0-20 ;21-50 ;>50
Bq/kg). Comme nous lavons constaté précédemment
pour les anomalies cardiologiques, là aussi lincidence
de la cataracte augmente linéairement en fonction de la
concentration corporelle en Cs 137. Elle est de 5% pour
les enfants à concentration moyenne en Cs137 la plus faible,
passe à 17% pour le groupe médian et atteint 23%
pour les enfants ayant le plus de Cs 137 dans le corps.
Remarque : les instances internationales reconnaissent
la cataracte comme étant un effet déterministe des
rayonnements lors dune irradiation externe aiguë
mais le seuil de dose est très élevé (~ 2
grays) et plus élevé encore sil sagit
dune irradiation chronique externe.
Or voici quun article récent (16) indique lapparition
à Taïwan dopacités du cristallin chez
les enfants et les jeunes de moins de 20 ans exposés à
une irradiation chronique externe, à faible débit
de dose, par du rayonnement gamma émis par le cobalt 60
de recyclage présent dans lacier des bâtiments
où ils résident. Le nombre daltérations
du cristallin augmente dune façon significative avec
la dose et les auteurs soulignent la nécessité dun
suivi à long terme.
Bref aperçu dautres pathologies et anomalies
Les autopsies dhabitants de la région de Gomel
montrent que la répartition du Cs137 nest pas homogène
dans le corps car Bandazhevsky mesure par spectrométrie
gamma le Cs137 contenu dans les différents organes. Il
trouve que le Cs137 se concentre davantage dans les organes vitaux
tels que le cur, le foie, les reins, les glandes endocrines.
Là encore Bandazhevsky constate que les altérations
des fonctions et structures de ces organes sont liées à
leur concentration en Cs137.
- Lexamen des coupes révèle des altérations
du myocarde dans 98,6% des décès par causes multiples.
Quil sagisse dadultes ou denfants les
modifications morphologiques et structurelles sont identiques
à celles relevées chez les animaux de laboratoire
soumis à une alimentation riche en Cs137.
- Des dommages prononcés aux reins sont rencontrés
dans 88,8% des cas de mort subite et dans les décès
enregistrés à l'hôpital de Gomel alors que
les personnes ne souffraient pas daffection rénale
de leur vivant.
Sur certains sujets il a été observé une
destruction partielle des glomérules.
-Le foie est atteint de stéatose et de cirrhose dans 43%
des cas.
-Les glandes endocrines sont altérées
Troubles du métabolisme chez lenfant
Ce sont des résultats de tests sanguins chez les enfants
dâge préscolaire (3-7 ans) de Gomel (1-5 Ci/km2)
qui sont résumés ici.
Lorsque la concentration moyenne du corps dépasse 30 Bq/kg
en Cs137 on note une diminution statistiquement significative
de protéines, albumine, créatinine, cholestérol
dans le sang en même temps que la concentration en ions
calcium augmente ce qui montre une détérioration
des fonctions de synthèse effectuées par le foie.
Les dysfonctionnements atteignent aussi le pancréas car
une diminution du glucose est observée.
Dégradation du système immunitaire chez lenfant
Chez les enfants de Gomel lactivité phagocytaire
des neutrophiles lymphocytaires est diminuée de même
que le taux des IgA (immunoglobulines) alors que les IgM augmentent
par rapport à ce qui est observé dans la région
plus " propre " de Grodno. Par contre les
taux dIgM sont comparables. Pour Bandazhevsky ces modifications
des indicateurs immunitaires expliquent que les maladies infectieuses
enregistrées au Bélarus soient plus nombreuses récemment,
notamment dans les régions les plus contaminées
en Cs137 (tuberculose, hépatite virale, affections respiratoires
aiguës).
Normalement il y a des corrélations spécifiques
entre les hormones thyroïdiennes, les immunoglobulines et
les indicateurs du métabolisme (urée, créatinine
etc.). Les enfants des zones contaminées à plus
de 15 Ci/km2 et dont la concentration corporelle en
Cs137 est très élevée perdent ces corrélations.
On voit apparaître des allergies au lait de vache chez des
enfants dâge scolaire de Svietilovitch.
Modifications du système hématopoïétique
dans les zones contaminées
A Gomel, Vietka et Svietilovitch on observe chez les enfants
de ces zones contaminées une anémie macrocytaire.
A Vietka et Svietilovitch où les concentrations corporelles
sont les plus élevées le sang est appauvri en leucocytes
(neutrophiles et monocytes) alors que le nombre de lymphocytes
est augmenté et que les plaquettes diminuent. (Les comparaisons
sont faites par rapport à la zone moins contaminée
de Grodno).
Système reproducteur
Il savère que le système reproducteur
féminin est très sensible à lincorporation
du Cs137 qui modifie complètement le processus de lovulation
et du cycle menstruel.
Lincorporation de Cs137 chez les jeunes femmes conduit à
une inversion du cycle hormonal : ainsi pour une concentration
corporelle en Cs137 dépassant 40 Bq/kg cest une réduction
de progestérone et une augmentation destradiol qui
sont observées dans la seconde moitié du cycle et
linverse dans la première moitié conduisant
au bouleversement du cycle menstruel et à la stérilité.
Le Cs137 incorporé dune façon chronique a
donc un rôle beaucoup plus perturbant que le rayonnement
externe qui provoque une stérilité temporaire pour
des doses aux ovaires élevées (environ 3 gray).
Conclusion : rappelons ici quelques études
récentes sur les survivants dHiroshima et Nagasaki
qui peuvent donner des pistes pour les pathologies radioinduites.
Dans une publication de 1999 létude de mortalité
sur un suivi de 40 ans (1950-1990) montre une association
avec le rayonnement qui est significative pour les affections
suivantes : maladies cardiovasculaires, attaques cérébrales,
maladies digestives et respiratoires, affections des systèmes
hématopoïétiques (15). Il ny a pas que
la mortalité : le suivi clinique des survivants (morbidité)
montrent que sont corrélés à la dose reçue
lors du " flash " les infarctus du myocarde,
les attaques cérébrales, des indicateurs dathérosclérose,
lhypertension, ainsi que les maladies chroniques du foie
(11).
Ainsi nombre daffections du système cardiovasculaire
et du foie décrites par Bandazhevsky savèrent
être radioinduites chez les survivants des bombes quand
le suivi est prolongé suffisamment.
Pour expliquer leurs résultats les auteurs (15) font
plusieurs hypothèses et évoquent un mécanisme
qui pourrait être la cause de ces affections, celui des
déficiences du système immunitaire.
Signalons que les travaux de Titov ont montré des variations
importantes des immunoglobulines chez les enfants du Bélarus
dès les premiers mois après Tchernobyl et désormais
constate laugmentation des allergies (17). Bandazhevsky
trouve chez les enfants vivant dans les zones contaminées
un système immunitaire perturbé.
Avant de nier a priori la réalité des observations
du Pr. Bandazhevsky, il serait important de reconnaître
que même dans le cas simple dune irradiation externe,
les mécanismes de développement des maladies sont
mal connus mais que sont invoquées des déficiences
du système immunitaire. Les experts peuvent-ils prouver
que le système immunitaire des enfants nest
pas atteint par la lirradiation interne chronique quils
subissent ?
Bella Belbéoch, mars 2002
La Gazette Nucléaire197/198, sous presse
-----------------------
Additif : Remarque à propos des cancers
autres que thyroïdiens
En 1994 ont été publiés les résultats
du suivi 1958-1987 des survivants japonais. Un excès de
risque significatif où lincidence croît linéairement
avec la dose est trouvé pour de nombreux cancers solides :
sein, estomac, colon, poumon, ovaire, vessie, thyroïde, foie,
cancer de la peau autre que le mélanome, glandes salivaires
(12).
Au Bélarus, le rapport de 1996 de lAcadémie
des sciences donne la dynamique de lincidence de certains
cancers. Pour les hommes on observe une augmentation des cancers
du rein, de la vessie, colon. Pour les femmes colon, rein et surtout
thyroïde dont lincidence a été multipliée
par 6 entre 1986 et 1994.
Cancer du sein : le suivi commencé en 1950
de la cohorte des femmes japonaises ayant survécu aux bombes
atomiques a montré vers les années 70 une augmentation
de lincidence du cancer du sein, linéaire en fonction
de la dose surtout pour la tranche dâge 10-19 ans
au moment de lirradiation (pour des doses inférieures
à 0,5 gray). Le fait nouveau du suivi 1950-1980 publié
en 1987 a été la mise en évidence dun
excès de cancer chez les femmes ayant été
exposées au flash avant lâge de 10 ans. Ainsi
la période pré-pubertaire est aussi vulnérable
aux radiations (13).
Et au Bélarus ? Des rapports préliminaires
indiquaient une augmentation du cancer du sein dans les zones
contaminées. Il paraît très important de suivre
lévolution de lincidence du cancer du sein
parmi les femmes ayant subi les plus fortes expositions en 1986-87
en tant quenfants ou adolescentes mais aussi parmi les enfants
et adolescentes daujourdhui vivant en zone contaminée.
En effet le système endocrinien est complètement
perturbé comme lindiquent les retards de puberté
observés (3). De plus, Bandazhevsky souligne le rôle
du Cs137 incorporé dans les anomalies du cycle menstruel
avec déséquilibre du couple dhormones progestérone/estradiol
chez les adolescentes et les jeunes femmes (4) et qui peut être
un facteur clé de la stérilité. Il ne serait
pas surprenant que les radionucléides incorporés
dune façon chronique puissent induire une augmentation
de lincidence de cancer du sein.
Références
(1) UNSCEAR 2000, Report to the General Assembly, with Scientific
Annexes, Sources and Effects of Ionizing Radiation. Overview.
The Radiological Consequences of the Chernobyl Accident. (Vol.
1, p.4, article 19).
(2) Lajzuk G. I. et al Frequency changes of inherited anomalies
in the Republic of Belarus after the Chernobyl accident, Radiation
Protection Dosimetry, 1995, vol. 62, n1/2, 71-74.
Lajzuk G. et al, Genetic consequences of the Chernobyl
Accident for Belarus Republic, Research Reactor Institute, Kyoto
University, Research Activities about the Radiological Consequences
of the NPS Chernobyl Accident and Social Activities to Assist
the Sufferers by the Accident KURRI-KR-21, (1994) p. 174-177.
(3) Tchitchko Alexis, Conséquences de Tchernobyl :
des cardiopathies congénitales chez les enfants vivant
en zones contaminées par Tchernobyl ? 4ème
journée de conférences médicales et rencontres
hospitalières sur les conséquences médicales
de laccident de Tchernobyl sur la population biélorusse,
Lille, 14 mars 2000, organisée par lAssociation Avicenne
avec le concours du Conseil Régional Nord - Pas de Calais.
(4) Structural and functional effects of radioisotopes incorporated
by the organism, Ed. Pr. Yu. Bandazhevsky, Gomel 1997.
Medical and biological effects of radiocesium incorporated into
the human organism, Minsk 2000.
[Il est dommage que ces traductions en anglais soient médiocres].
(5) Kadhim M.A. et al Transmission of chromosomal instability
after plutonium alpha-particule irradiation, Nature, vol.
355, 20 February 1992
Kadhim et al Long-Term Genomic Instability in Human Lymphocytes
Induced by Single-Particule Irradiation, Radiation Research
(2001) Vol. 155, n°1, p. 122-126.
(6) Dubrova Y. E. et al Human minisatellite mutation rate
after the Chernobyl accident, Nature, vol. 380, 25 April
1996.
Further evidence for elevated human minisatellite mutation rate
in Belarus eight years after the Chernobyl accident, Mutation
Research, 381 (1997) 267-278. Reply to a letter " Effects
of radiation on children ", Chlyoko Sato, Mieko Kodaira,
Nature, 383, 11 sept. 1997.
(7) Thyroid cancer after Chernobyl, Scientific Correspondence,
Nature, vol. 359, 3 Sept. 1992, 21-22, letter from Kazakov
V. S. et al ; letter from Baverstock
K. et al.
Gazette Nucléaire 119/120, 1992. En Biélorussie :
cancers de la thyroïde chez les enfants.
(8) Yuri Demidchik, Thyroid cancer in Bélarus after Chernobyl,
Lille, mars 2000, Ibid. Conséquences médicales
de laccident de Tchernobyl sur la population biélorusse.
(9) Parker L.N. et al. Thyroid carcinoma after exposure
to atomic radiation. A continuing survey of a fixed population,
Hiroshima and Nagasaki, 1958-1971. ABCC-TR 5-73,
in Shuji Inoue (10).
(10) Shuji Inoue et al. Thyroid diseases among A-bomb survivors
in Nagasaki, (sujets examinés entre 1984-1987).
TR-12-92 (1992).
(11) Wong F. L. et al. Non cancer disease incidence in
the atomic bomb survivors 1958-1986, RERF TR 1-92, Radiation
Research (1993) 135 :418-430.
(12) Thompson D. E. Mabuchi K. et al. Cancer incidence
in atomic bomb survivors, Part II, Solid tumors 1958-1987,
Radiation Research, (1994), 135 :S17-S67.
(13) Masayoshi Tokunaga et al. Incidence of female breast
cancer among atomic bomb survivors (1950-1980), Hiroshima and
Nagasaki. RERF TR 15-84, et Radiation Research (1987),
112, 243-272.
(14) Yu. I. Bandazhevsky, Radioactive Caesium and Heart, Minsk,
2001.
(15) Yukiko Shimizu, Donald A. Pierce et al. Studies of
the Mortality of Atomic Bomb <survivors. Report 12, Part II.
Non Cancer Mortality, 1950-1990, Radiation Research,152,
374-389, (1999).
(16) Wei-Li Chen et al Lenticular Opacities in Populations
Exposed to Chronic Low-Dose-Rate Gamma Radiation from Radiocontaminated
Buildings in Taiwan, Radiat. Res. (2001) 156, 71-77
(17) Titov L. P. Conséquences de Tchernobyl, Lille, mars
2000, Ibid. Résumé, Etude des marqueurs dallergies
chez des enfants biélorusses vivant en zones contaminées.